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L’agglomération de Rabat-Salé-Témara

Posted by Ahmed Kcemeteni Commentaires fermés
L’agglomération de Rabat-Salé-Témara
A écouter les divers intervenants au séminaire «Mobilité urbaine et planification» tenu en début du mois sous la houlette de la municipalité de Rabat, la capitale du Royaume est loin d’être en reste d’une prise en charge «sérieuse et énergique» en matière de transport et de déplacements.
La capitale bénéficie d’une action de coopération dans le domaine des déplacements urbains préparée entre 2002 et 2005 et engagée en 2007 sur la base d’un cofinancement France-Maroc-Lyon et ville de Rabat.
Les informations fournies dans le cadre d’une plaquette distribuée lors du séminaire, font état d’une coopération ayant pour objet « d’accompagner la mise en place du Plan de déplacements urbains de Rabat-Salé-Témara » et de « renforcer les savoir-faire et compétences de la métropole rbatie ». Les actions réalisées dans ce cadre depuis 2007 permettent aujourd’hui –selon les initiateurs- de constater des « avancées », en l’occurrence : « la construction d’une culture commune des déplacements entre les acteurs de l’agglomération », « l’accompagnement de Rabat dans la structuration de sa démarche partenariale pour la mise en place de son AOT (Autorité organisatrice de transport ), « la coordination des différents périmètres de compétence des acteurs » et enfin  « l’appui à l’organisation et au renforcement compétences professionnelles de la municipalité de Rabat ». En somme un budget d’environ 4,5 millions de DH pris en charge par la ville de Rabat, le Grand Lyon et la contribution du PAD-Maroc pour la réalisation d’ateliers à Rabat en juin 2007, d’ateliers à Lyon en novembre 2007 et novembre 2008, d’ateliers à Rabat en janvier 2008, enfin un séminaire et une mission d’études en juin-juillet 2008 destinés à appuyer et renforcer les compétences professionnelles de la municipalité de Rabat.
Parallèlement à la coopération France-Maroc-Grand Lyon et ville de Rabat, la capitale du Royaume a également bénéficié –grâce à la coopération espagnole- d’une étude du Bureau INECO portant sur l’organisation des déplacements. Comme rapporté par le document de présentation distribué lors du séminaire « Mobilité urbaine et planification » du 2 mars 2010, l’étude avait été structurée autour de trois objectifs fondamentaux :
• « l’analyse du fonctionnement des déplacements sous ses divers aspects (flux, modes, organisation institutionnelle, données économiques et financières) ;
• « la proposition d’un cadre stratégique d’organisation du système de déplacements en fonction des carences et des dynamiques socio-économiques et urbaines identifiées pour les années à venir » ;
• « la proposition des pistes d’amélioration concrètes et opérationnelles sur les déplacements en termes de projets de transports publics, de schémas de circulation, de politique et de projets sur le stationnement, le réaménagement de voirie, la gestion de trafic aux carrefours et la mise à niveau de la signalisation ».
Le rapport final de cette étude a été présenté aux autorités fin 2009. Il est tout à fait légitime aujourd’hui de poser un certain nombre d’interrogations autour de cette étude : Pourquoi a-t-elle été engagée en tant que telle ? Pourquoi ses initiateurs n’ont-ils pas pensé à greffer autour du financement espagnol, d’autres sources de financement pour développer une démarche « Plan de déplacements urbains » beaucoup plus utile qu’un simple « Schéma directeur du transport et de la circulation ? Quelles formes de validations a-t-elle reçues au fur et à mesure de sa réalisation ? Pourquoi n’a-t-elle pas été conduite en synergie avec la réflexion et les travaux menés par l’APUR (l’Atelier parisien de l’urbanisme) et le cabinet d’architecture et d’urbanisme Panerai et Associé dont les grandes lignes sont décrites ci-dessous? A quel stade de validation est-elle aujourd’hui et quelle entité en assume la responsabilité première? Quels projets concrets d’impacts positifs sur les déplacements au niveau de l’agglomération pourront en découler? .... En somme, beaucoup de questions méritant des réponses sérieuses à même de dédouaner les initiateurs d’une telle étude qui aujourd’hui a tout l’air d’avoir été réduite à un simple diagnostic des problèmes de déplacements dont le contenu est pour le moins très discutable!
Par ailleurs, l’APUR (l’Atelier parisien de l’urbanisme) en groupement avec le Cabinet d’architecture et d’urbanisme Panerai et Associé ont également été mis à contribution pour enrichir les orientations stratégiques du développement urbain de l’agglomération de Rabat.
Les résultats de cette contribution ont été présentés aux autorités à la fin de l’année 2009. Ils ont fait valoir une vision différente de celle retenue par le Bureau espagnol INECO, tendant à préconiser une forte articulation urbanisme/transports à travers des corridors de transport en commun à même de relier les centres et les sites stratégiques présents et futurs de l’agglomération. Cette vision en parfaite cohérence selon les responsables de l’AURS (Agence urbaine de Rabat-Salé), pourrait se concrétiser selon les responsables de l’AURS par un développement urbanistique en boucle autour de la vallée du Bouregreg avec une ouverture sur les zones périphériques (Tamesna, Ain Ouda et Shoul) et la mise en place d’une ligne de métro desservant les principaux pôles de la charpente urbanistique retenue.
Dans l’attente d’une telle cohérence d’ensemble entre développements urbains, densités et projets de transports, deux faits majeurs sont actuellement en cours de réalisation: l’insertion du tramway et la restructuration des transports par autobus, présentées comme “un renouveau des transports publics” au niveau de l’agglomération de Rabat.
Pour le tramway, l’Agence du Bouregreg s’engage sur des chiffres et des dates clés:
- A cours terme deux lignes en sites propres de 20 km et 180.000 passagers/jour.
- Livraison de la première rame en avril 2010.
- Livraison de la deuxième rame en mai 2010.
- Fin prévisionnelle des travaux en ligne (hors pont Moulay El Hassan) en juin 2010.
- A partir de juin 2010, livraison de trois rames par mois.
- 3ème trimestre 2010 début des essais et marche à blanc.
- 4ème trimestre 2010 mise en service.
Pour le transport par autobus, le nouveau délégataire “STAREO” promet un passage du “Bus plus.... au plus que du Bus” avec 40 lignes-80 km de sites propres à terme et 500.000 passagers par jour. La tranche prioritaire en sites propres par bus totalisera 11,7 km dont 6,8 km pour Rabat et 4,9 km pour Salé. La complémentarité bus-tramway sera assurée à travers des pôles de correspondance tant au niveau de Rabat que de Salé.
En guise de récapitulation, il est tout à fait clair et reconnu qu’au travers des initiatives et actions concrètes et très louables évoquées ci-dessus, le système de transport de l’agglomération de Rabat-Salé-Témara ne manquera certainement pas de faire l’objet d’une mutation qualitative profonde.
Il est tout à fait indiqué aujourd’hui bien plus qu’hier de prévenir les risques de dérapages possibles, pour faire en sorte que ladite mutation puisse se réaliser sur la base d’une démarche où la prise de décision ne soit pas l’apanage d’une “Technostructure” guidée par une rationalité limitée aux seuls enjeux qui lui sont propres.
En place et lieu de cette “Technostructure”, il convient de créer urgemment un contre-pouvoir basé sur des partenariats à même de doter l’agglomération d’un véritable Plan de déplacements urbains en tant que démarche née d’une volonté politique portée par une autorité organisatrice des déplacements.
Autorité ayant comme responsabilité première de fédérer un système d’acteurs cernant, à travers une action collective, l’ensemble des enjeux qui entourent la problématique des déplacements. Le process de décisions sera ainsi marqué par un consensus, véritablement négocié entre les acteurs du système de transport, en l’occurrence les communes, les exploitants des transports publics (transports collectifs urbains, taxis et accessoirement ONCF), les transporteurs de marchandises en ville, les services déconcentrés ou décentralisés des divers départements ministériels concernés, les associations de commerçants, de quartiers (en attendant l’émergence d’associations d’usagers des transports) etc …
La façon de faire aujourd’hui est totalement à l’antipode de cette vision. Le système d’acteurs est totalement dominé par la pensée unique de la « Technostructure ». Tous les acteurs du système de transport au niveau de l’agglomération sont pour l’heure marginalisés.
Les élus sont quelque peu pris en considération, mais simplement pour entériner des propositions élaborées finement par une « Technostructure » sous perfusion de bureaux d’études dont la sélection est faite bien jalousement en interne. C’est ainsi que les conseils communaux de Rabat et Salé ont respectivement approuvé en février 2007 et septembre 2008 un mandat donnant à l’Agence d’aménagement de la vallée de Bouregreg la pleine latitude de concevoir, réaliser et mettre en exploitation le tramway. A l’heure du projet de régionalisation élargie, cette pratique surannée suscite deux interrogations majeures :
Quand serions-nous capables de respecter les systèmes de règles et de normes que nous sécrétons démocratiquement ?
- Quand serions-nous capables, dans le même temps, de faire en sorte que la démocratie puisse bénéficier, au même titre que la Technostructure, des moyens qu’elle mérite ?

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Entretien avec le chercheur Mohammed Chaouki Zine

Posted by Propos recueillis par Atmane Bissani Commentaires fermés
Entretien avec le chercheur Mohammed Chaouki Zine
chercheur algérien en herméneutique à l’IREMAM (Aix-en-Provence), Mohammed Chaouki Zine a notamment publié « Herméneutiques et déconstructions », « Identités et altérités » et « Déplacements intellectuels ».
Nous l’avons rencontré lors du colloque international « Lettres et Sciences Humaines : du contexte de la modernité à l’herméneutique», colloque tenu à la Faculté pluridisciplinaire d’Errachidia les 26 et 27 mars
dernier.


Libé: Comment étiez-vous orienté vers l’herméneutique ?  

Mohammed Chaouki Zine : En réalité, j’étais orienté plutôt vers la déconstruction ; je lisais les textes du philosophe Derrida. Après, quelque chose qui contraste avec la déconstruction a attiré mon attention, en particulier l’herméneutique. C’est la raison pour laquelle j’aime parcourir la pensée dans un entre-deux et dans ce cas de figure entre l’herméneutique et la déconstruction. D’où le premier ouvrage que j’ai publié à cet effet et qui s’intitule justement « Herméneutiques et déconstructions. » Donc quelque part, ma lecture de la déconstruction m’a orienté vers ce qui paraît être son contraire mais qui n’en est pas, à savoir
l’interprétation qui stipule la quête du sens.

Dans quelle mesure peut-on parler, selon vous, de l’existence de la notion du « sens »?

Selon moi, le sens existe mais incarné dans une institution quelle qu’en soit la nature (politique, scientifique, économique, etc). Mais ce sens-là est déplacé par les usages que l’on en fait et qui se manifestent dans les significations liées au contexte, aux circonstances et à la perception de chacun. A mon sens, ni l’herméneutique ni la déconstruction n’ont renié le sens, mais elles pensent que ce sens-là est profondément attaché à une volonté qui peut s’avérer dans certains cas un pouvoir. De ce fait, ce n’est pas le sens qui est nié mais le pouvoir qu’il renferme qui est plutôt dénoncé et par l’herméneutique et par la déconstruction.

Quelle définition donnez-vous à l’herméneutique ?

Pour dire simplement, l’herméneutique est l’art d’interpréter, et qui dit « art » dit forcément des techniques ou des outils qui rendent possible l’acte d’interprétation et parmi ces techniques, nous pourrons citer la grammaire, la stylistique, la logique, les figures de style, etc. Mais l’herméneutique excède cette signification restreinte et purement technique. Elle est essentiellement « art de comprendre » ou double sens de saisir mentalement un objet quelconque, et de cerner la situation dans laquelle l’esprit pense et agit. Et par réversibilité, l’esprit est cerné ainsi par la situation qu’il tente de comprendre, qu’il s’agisse d’un texte « lisible » (l’écrit) qu’il lit mais dont l’intelligibilité historique, culturelle et thématique conditionne sa lecture, ou d’un texte « visible » (le réel) dans lequel il agit. Il s’agit de la société lorsqu’on parle, par exemple, de la « trame » sociale ou du « tissu » social, car le texte est déjà, étymologiquement, un « tissu ». Voilà ce qu’on entend globalement par herméneutique et les champs d’application  sont tout aussi vastes et inépuisables qui touchent à l’art, au droit, à la philosophie, à la religion, à la littérature et aux pratiques sociales. S’il y a aujourd’hui un regain d’intérêt pour l’herméneutique (la déconstruction, la sémiotique, sont pour ainsi dire des territoires quelque peu « consentis » ou « réfractaires » du continent herméneutique), c’est parce que l’art de comprendre est au fondement de toute volonté de savoir. Et  il est indubitable que les événements du monde qui nous touchent dans notre quotidien (crise économique, crise de valeurs, terrorisme…) nous incitent à les comprendre et à en conjurer les effets. Dans ce cas de figure, l’herméneutique joue un rôle prépondérant dans la configuration de notre savoir et de notre perception du monde. C’est parce qu’il y a un événement « saisissant » ou « retentissant » qui conditionne notre vie ou notre destin, que l’herméneutique se présente comme une nécessité, voire une « urgence » pour comprendre le « pourquoi du comment », et démêler les champs embrouillés pour voir « clair » ou, plus ou moins, atténuer les inquiétudes et être attentif aux interpellations du présent.

Dans ce sens, Ibn ‘Arabi est d’une actualité importante pour vous ?  

Ibn ‘Arabi est une figure singulière de notre histoire culturelle et le texte d’Ibn ‘Arabi porte en lui-même des éléments qui ont trait au sens et à la possibilité de le dépasser par une lecture ou un usage. Si on prend l’exemple du Coran qui véhicule en amont et en aval la pensée d’Ibn ‘Arabi, c’est un « sens » qui est déplacé par sa lecture ou son usage à des fins spirituelles, culturelles ou esthétiques. Ibn ‘Arabi fait aussi partie de ceux qui établissent un sens mais qui appellent à le penser et à le pratiquer autrement, donc une  attitude de dénoncer sa clôture par une somme de volontés antagonistes, religieuses ou politiques.

Avons-nous besoin de la pensée d’Ibn‘Arabi aujourd’hui ?

En effet, le recours à Ibn ‘Arabi est une nécessité à la fois éthique et épistémologique. Il est préférable de lire Ibn ‘Arabi comme un fait linguistique et culturel qui excède la seule classification dont il fait l’objet, à savoir une classification qui le mettrait dans la seule catégorie « ésotérique. » Ibn ‘Arabi est en fait de dimension universelle, certaines de ses approches ont une homologie  avec ce qu’on peut découvrir dans la pensée contemporaine notamment l’herméneutique et la déconstruction, mais d’autres idées sont à découvrir dans l’énoncé même de son texte, et je fais allusion à sa fascination pour l’origine à même des mots qu’il emploie en interprétant par exemple la raison (‘aql) par la restriction (‘iqal), dans la mesure où la raison est marquée par la finitude et par une frontière qu’il ne saurait franchir. En  revanche, il interprète le cœur (qalb) par le changement et la variation (taqlib) dans la mesure où le cœur dans la dimension gnostique qu’Ibn ‘Arabi a établie est caractérisé par le changement « kaléidoscopique » suivant ainsi la variation des théophanies (tajaliyyat). C’est ainsi qu’Ibn ‘Arabi cherche l’origine non pas dans une profondeur abyssale mais dans la phénoménalité des événements qui se présentent à lui y compris les événements textuels ou linguistiques comme le cas du « ‘aql » dans le « ‘iqal » et le « qalb » dans le « taqlib.» Ainsi, ces fonctions que sont la restriction et la variation sont des origines marquées dans les noms de raison et de cœur par le sceau de l’évocation herméneutique. De ce fait, Ibn ‘Arabi n’a cherché l’origine du cœur et de la raison que dans leurs manifestations phénoménales. Ceci est un échantillon d’une vaste entreprise herméneutique en friche qu’Ibn ‘Arabi  nous a léguée et dont il faut reconstituer la matrice et le processus.

Et qu’en est-il de Michel de Certeau sur lequel vous travaillez actuellement ?

 Je suis arrivé à Michel de Certeau en lisant justement Ibn ‘Arabi.  Michel de Certeau était lui-même lecteur et spécialiste de la mystique chrétienne d’obédience jésuite (Jean Joseph Surin, Thérèse d’Avila, Saint Ignace de Loyola) et sa lecture lucide, prudente, documentée et critique m’a servi d’outil précieux pour lire Ibn ‘Arabi, d’autant plus que cette entreprise de lecture a été facilitée par l’affinité qui existe entre les textes mystiques quelle qu’en soit la forme culturelle ou l’origine religieuse. Je retiens en particulier l’usage que les mystiques font de la métaphore et de l’oxymoron qui reflètent une certaine harmonie du contraire. Ainsi, Michel de Certeau est devenu pour moi un éclairage important rendu possible par la maîtrise pertinente des clés des sciences humaines et sociales. Il est ainsi passé de la mystique à l’épistémologie des sciences sociales moyennant l’écriture de l’histoire sans dispersion ni incohérence. Au contraire, ce passage s’avère lui-même une entreprise herméneutique pour voir l’identité et la différence entre ses terrains de prédilection qui furent la mystique, l’histoire et le monde quotidien. Ce qui réunit ces modalités de perception et de lecture, c’est bel et bien la pratique ou un certain usage d’un donné quelconque qu’il s’agisse de la pratique spirituelle ou historiographique ou quotidienne. J’ai appris chez Micher de Certeau cet art de circuler entre les savoirs et les phénomènes traversant en particulier les frontières (entre-deux) sans confondre (identité) et s’en disjoindre (altérité), mais garder un certain équilibre tel le funambule sans tomber d’un côté ou de l’autre. Ou encore chercher dans ces frontières, que Michel de Certeau appelle « travail sur la limite », une certaine maintenance, c'est-à-dire se maintenir dans un maintenant qui est le présent commun à la fois pour les mystiques (chercher le divin dans l’instant présent et dans le détail), les historiens (chercher la mémoire et le passé par les outils et la motivation du présent) et les gens ordinaires (chercher une vie ou un bonheur dans les pratiques simples et ordinaires mais douées d’intelligence pratique et de dextérité.)         

Comment voyez-vous l’avenir de l’herméneutique ?  

On a parlé naguère du droit à la différence ou du droit à l’expression : il est tout aussi important et primordial de parler d’emblée du droit à l’interprétation dans nos sociétés contemporaines. Pourquoi ? Pour la simple raison, c’est qu’il existe un sens posé ou déposé ou imposé et ce sens prend l’allure d’un réservoir scellé ayant trait à la culture, à la religion ou à la politique. Ce sens institutionnalisé est vécu ou accepté contre lequel on résiste. Mais pour avoir un rapport d’intelligibilité avec ce sens sans lequel nous ne sommes rien et sans lequel il n’est rien, il faudrait donc une pratique herméneutique qui se manifesterait dans son interprétation ou son usage doué de prudence et d’excellence. Dans ce cas de figure, en instaurant le droit à l’interprétation, on évite la confrontation malheureuse et infructueuse entre le sens et ses interprétations pour qu’il n’y ait pas un rapport de fascination et de subjugation, ou un rapport de rejet et de négation mais une relation d’appréciation et de perception qui n’altère aucun jugement qui se réclamerait bien de ce droit à l’interprétation.

Un dernier mot

C’est ma première visite au Maroc à l’occasion de laquelle j’ai assisté au colloque international tenu à la Faculté pluridisciplinaire d’Errachidia sur l’herméneutique et j’en suis ravi et fasciné par la beauté de ce pays grandiose et par l’harmonie de ses cultures et de ses traditions. Mes remerciements les plus sincères à tous ceux qui ont rendu mon séjour agréable avec leur hospitalité et leur amabilité. Mon souhait le plus sincère de prospérité pour ce pays, pour les organisateurs du colloque et pour le journal Libération et mes salutations amicales à ses lecteurs. 

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mar
31

Vie associative: Chouâla clot en apothéose sa Caravane de sensibilisation

Posted by Mohamed Qamar Commentaires fermés
Vie associative: Chouâla clot en apothéose sa Caravane de sensibilisation
Les travaux de la caravane de sensibilisation, initiée le 16 mars par l’Association Chouâla pour l’éducation et la culture, en partenariat avec l’organisation pour la recherche d’une plateforme commune, seront couronnés le 10 avril prochain par une grande rencontre festive au Complexe Touria Sekkat. A cette occasion, les organisateurs joindront l’utile à l’agréable. En plus d’un programme d’animation, les initiateurs de cette grand-messe procèderont à la projection du téléfeuilleton «L’Equipe» diffusé actuellement par la première chaîne de télévision nationale (TVM). Un débat succédera à la projection de ce téléfeuilleton, il sera question des valeurs que cette œuvre véhicule au profit de la jeunesse : esprit d’initiative, responsabilité sociale, renforcement de la confiance en eux-mêmes et développement de leur capacité à participer à l’œuvre de transformation de leur société.
Pour la petite histoire, le téléfeuilleton traite de différentes problématiques sociales, dont la question des inégalités sociales, la dégradation des valeurs, les obstacles financiers, la négligence parentale …
Pour rappel, la Caravane de sensibilisation couvre plusieurs régions éloignées du Grand Casablanca, dont Hay Mohammadi, Sidi Moumen, Médiouna, Bernoussi, Aïn Harrouda, Derb Ghellaf, Aoulad Haddoun, Mohammédia, Sidi Maârouf et Hay Moulay Rachid.

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mar
31

Clôture aujourd’hui à Casablanca de la conférence francophone sur le Sida

Posted by Hassan Bentaleb Commentaires fermés
Clôture aujourd’hui à Casablanca de la conférence francophone sur le Sida
La 5ème Conférence francophone VIH/Sida, organisée par l’Alliance francophone des acteurs de santé contre le VIH (AFRAVIH), clot ses travaux, aujourd’hui à Casablanca. Au total, plus de 20 pays ont participé à cette conférence internationale qui s’est déroulée du 28 au 31ju mars 2010 dans l’objectif d’ouvrir un large débat avec tous les acteurs de santé, du Nord et du Sud et d’être un lieu de débat, d’échange et de valorisation des expériences dans le monde francophone.
Dans son allocution d’ouverture, Hakima Himmich, présidente de cette 5ème conférence, a tenu à souligner que le choix du Maroc pour abriter cette conférence peut être interprété comme une reconnaissance de l’engagement de l’Etat marocain et l’exemplarité du plan stratégique national de lutte contre le Sida. Ce choix est aussi extrêmement important, car la rencontre souligne l’importance prise par les échanges Nord-Sud dans le cadre de la Francophonie, et de la lutte contre le VIH.
Selon Mme Himmich, cette conférence se tient à un moment où des progrès importants ont été réalisés dans de nombreux pays du Sud, grâce à la mobilisation des professionnels de santé et de la société civile, ainsi qu’à l’appui des financements internationaux. Pourtant, l’accès aux traitements et la qualité de la prise en charge sont encore en débat et beaucoup de patients sont exclus. « Nous avons des médicaments pour une partie de ceux qui en ont besoin, mais nous voulons des médicaments pour tous. L’accès universel et précoce est un moyen efficace pour réduire considérablement la continuité des infections VIH et faire reculer l’épidémie », a martelé Mme Himmich.
Par la même occasion, elle n’a pas hésité à exprimer ses inquiétudes à cause d’un contexte morose, marqué par la crise économique et son impact sur la capacité du Fonds mondial de la lutte contre le Sida et les pays donateurs à honorer leurs engagements. Elle a tiré la sonnette d’alarme, craignant que ce Fonds ne soit obligé de réduire la liste des pays éligibles, comme le cas par exemple du Maroc, à faible prévalence, qui risque d’être supprimé de la liste. Le Pr Himmich a également exprimé ses angoisses quant à l’accès au traitement de 2ème et 3ème générations : « Au Maroc, ces traitements coûtent environ 1.500 euros par mois contre 35 à 50 euros pour ceux de première génération, pour lesquels nous disposons de génériques. Nous ne pouvons pas attendre 20 ans que les brevets expirent pour permettre à nos patients de bénéficier de traitements qui les maintiendront en vie ». Elle a appelé à inventer et développer de nouveaux mécanismes de financement. « Nous savons ce qu’il faut faire pour débarrasser le monde de cette épidémie et si les moyens de financement se réduisent, nous raterons cette chance » a-t-elle conclu.
De son côté, Michel Kazatchkine, directeur exécutif du Fonds mondial, a expliqué que son institution a soutenu à 50% les prestations de soins accordées au continent africain qui absorbe à lui seul 60% des investissements. Il a aussi rappelé que le Fonds a investi 19 milliard $ dans 144 pays du monde et 1 milliard $ aux pays de l’Afrique et du Moyen-Orient, ce qui a permis le début d’accès au traitement et à la prévention, ainsi que la mobilisation de la société civile.
Michel Kazatchkine a conclu que 2010 sera une année décisive pour la lutte contre le Sida et le financement des traitements et préventions, car c’est l’année de la restructuration des différents fonds mondiaux.

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mar
31

Salon du Livre de Paris: Bensalem Himmich présente son dernier ouvrage

Posted by Libération Commentaires fermés
Salon du Livre de Paris: Bensalem Himmich présente son dernier ouvrage
Ouvert au public depuis vendredi, le stand du Maroc au Salon du livre de Paris ne désemplissait pas ce week-end à la faveur de la qualité et de la diversité des œuvres exposées par les éditeurs marocains, très appréciées par les visiteurs, français ou d'origine marocaine.
Bensalem Himmich a troqué pour la circonstance sa casquette de ministre de la Culture contre celle d'écrivain, sa première vocation, en présentant son dernier ouvrage "Etre en vie! et autres fragments", publié en début d'année en co-édition, au Maroc (La Croisée des Chemins) et en France (Non Lieu).
"C'est un écrit essentiellement philosophique: On y trouve, d'une part, l'aphorisme, la sagesse, la sentence qui recèle beaucoup de sens en peu de mots, et d'autre part, le micro-conte traité de manière très amusante avec ironie et méditation sur la vie, sur ce qui peut arriver à tout le monde", a-t-il expliqué à la MAP.
"Chacun de nous lui arrive de se réveiller un matin en s'exclamant: je suis en vie!", a-t-il ajouté en faisant allusion au titre de l'ouvrage.
Pour M. Himmich, l'essentiel c'est comment cette exclamation est exprimée, celle-ci pouvant refléter deux états d'esprit: "le bonheur et l'émerveillement" de la personne ou alors "sa lassitude" en percevant la vie comme un "fardeau".
Optimiste de nature, M. Himmich privilégie le premier cas de figure, expliquant que son bonheur est celui de faire, autant que possible, le bonheur des autres. "Ce n'est pas toujours facile mais c'est un défi que je me lance", a-t-il affirmé.
Philosophe, romancier et scénariste, M. Himmich a, à son actif, plusieurs ouvrages en arabe et en français, dont certains traduits en plusieurs langues. Il a obtenu différentes distinctions, dont le Prix de la critique arabe (1990), le Prix Naguib Mahfouz (2002), le Prix Grand Atlas (2003), le Prix Sahrjah-Unesco (2003) et la médaille de la Société académique Arts-Sciences-Lettres (Paris, 2009) pour l'ensemble de son œuvre.

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mar
30

Hommage à Claudia Cardinale et Mohammed Bastaoui à Tétouan

Posted by ALAIN BOUITHY Commentaires fermés
Le seizième Festival international du cinéma méditerranéen s’est ouvert samedi à Tétouan sur un hommage à deux icones du cinéma mondial et national: l’Italienne Claudia Cardinale et le Marocain Mohammed Bastaoui.
Claudia Cardinale s’est distinguée dans plusieurs grandes productions dont "Rocco et ses Frères" en 1960, "Le Guépard" et "Cartouche" avant de débarquer aux Etats-Unis et de s’illustrer dans "Il était une fois dans l'Ouest". Puis de retrouver Jean-Paul Belmondo dans "La Scoumoune". Elle a aussi tourné sous la direction d'Henri Verneuil pour "Les lions sont lâches", "Mayrig" et "588, Rue Paradis".
Primée à Venise en 1993, la diva qui a reçu un hommage à Berlin en 2002, a collaboré avec les plus grands du cinéma mondial.
Figure emblématique du cinéma marocain, Mohammed Bastaoui compte parmi les acteurs marocains les plus appréciés de la scène théâtrale et cinématographique nationale. Il s’est distingué dans plusieurs productions dans lesquelles il campe des rôles qui lui ont valu respect et considération.
Quatre-vingt-dix films dont une vingtaine de productions nationales seront projetés lors de cette édition. Douze longs-métrages, dix-sept courts et douze documentaires sont en lice pour le Grand prix de la ville. Le Maroc est représenté par "Les oubliés de l'histoire" de Hassan Benjelloun et "Dès l'aube" de Jilali Ferhati, dans la compétition officielle du long métrage.

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mar
30

Wall 5, le dernier né. Un nouveau portail «Made in Morocco»

Posted by S. Aliamet Commentaires fermés
Après l’engouement suscité dans le Royaume par les réseaux sociaux, notamment Facebook et Twitter, voici un nouveau venu sur la Toile. Son nom ? « Wall 5 ». Sa particularité ? Proposer un portail facile d’accès et 100% marocain. « Au moment de la création de Wall 5, il existait beaucoup de problèmes de confidentialité sur Facebook. Beaucoup d’informations étaient alors publiques et c’est pourquoi nous avons décidé de créer un réseau où tous les domaines peuvent être maîtrisés facilement par les utilisateurs. Par exemple, lorsque vous supprimez votre compte Wall 5, toutes vos données personnelles sont immédiatement supprimées et il n’est plus possible d’accéder à votre compte», explique le concepteur de Wall 5 Francesco Landogna, un ressortissant italien installé depuis plus de dix ans dans le Royaume. Autre originalité du site: la possibilité de le traduire entièrement en darija. « Les Marocains recherchent un réseau communautaire de proximité. Les gens ont adoré la traduction proposée en darija, car la langue peut rassembler des Marocains de Casablanca à Ouarzazate ainsi que dans le monde entier », se réjouit Francesco Landogna. Ce qui n’est vrai qu’à moitié vu qu’il n’y a pas un seul darija au Maroc, mais plusieurs et que les mots y ont parfois des sens diamétralement opposés.
Le site propose également un système de visioconférence pouvant réunir jusqu’à trois personnes en même temps, une innovation en la matière, car le grand spécialiste en la matière Skype offre seulement la possibilité d’une discussion entre deux personnes. A ce jour, Wall 5 connaît un engouement certain puisqu’il compte plus de 500.000 inscrits. A titre d’exemple on estime qu’environ 1,3 million de Marocains sont inscrits sur Facebook.
La fierté de Francesco Landogna est surtout de proposer un réseau social 100% marocain puisque l’équipe de Wall 5 est composée de six développeurs qui travaillent à plein temps dont quatre Marocains et deux Italiens ainsi que de nombreux informaticiens associés au projet. « Nous souhaitons créer un melting-pot. L’idée est surtout de lier les gens du Nord au Sud par un échange de cultures », commente le fondateur de Wall 5. Le réseau social est ainsi disponible en français, italien, anglais et arabe classique et envisage d’élargir ses traductions aux différents dialectes arabes (libanais, tunisien, ou égyptien). Toutefois, comme tous les réseaux sociaux, Wall 5 n’échappe pas au « déballage » de vies privées. A peine inscrit, l’utilisateur peut avoir accès aux profils des différents utilisateurs sans même être « amis » avec eux, et pour beaucoup d’entre eux, pénétrer au cœur de leur intimité en ayant un accès libre à leurs albums photos personnels. « Les critères de confidentialité existent mais beaucoup de nos utilisateurs préfèrent laisser l’accès public à leurs photos. A deux reprises pourtant, nous leur avons envoyé des messages pour les inciter à modifier les critères de confidentialité», déplore Francesco Landogna.
De plus, les conditions d’éligibilité pour les utilisateurs de Wall 5 fixent l’âge minimum d’utilisation à 13 ans. Dès lors, on ne saurait que trop recommander aux parents d’assurer un suivi des activités de leurs enfants sur Internet. Ainsi si Wall 5 est une initiative louable car régionale, le site n’en demeure pas moins un réseau social comme les autres où la vigilance doit être de mise.

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mar
30

Organisation d’un colloque méditerranéen. La précarité des enfants en débat à Tanger

Posted by Sofia Aliamet Commentaires fermés
La série mensuelle « Al Maarifa Lil Jamii » (La connaissance pour tous) et l'Association Atil pour les initiatives professionnelles et sociales organiseront un colloque à Tanger, les 21,22 et 23 octobre prochains sur le thème « Enfants en situation précaire et enfants de l'émigration clandestine ». Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, les organisateurs de cet évènement rappellent que le Maghreb souffre aujourd'hui de différents maux dont les enfants sont les premières victimes. Déscolarisation, analphabétisme, vagabondage, mendicité, exploitation et émigration clandestine, sont ainsi le lot commun de nombreux enfants du Royaume. Toutes ces problématiques seront abordées lors du colloque de Tanger sous forme d'axes d'étude proposés aux participants et ayant pour sujet des thématiques allant du mauvais traitement des enfants aux conventions qui existent dans ce domaine en passant par les plans d'action envisageables pour lutter contre l'émigration clandestine. En la matière, le choix de Tanger se révèle particulièrement stratégique, car la ville blanche « carrefour » de la Méditerranée est particulièrement touchée par ce phénomène.
L'objectif affiché par les organisateurs du colloque est de mettre en place un plan d'évaluation et de synthèse afin d'analyser les différentes études sur les problématiques liées à l'enfance, de débattre du rôle des gouvernements, du tissu associatif et de la société civile dans la lutte contre la précarité infantile et surtout de créer un espace d'échange d'expériences entre les différents pays riverains de la Méditerranée.
A terme, le colloque de Tanger ambitionne de devenir une véritable plate-forme régionale capable d'impulser de nouveaux programmes de lutte contre les difficultés auxquelles sont confrontés trop souvent de nombreux enfants des pays du Maghreb.
Toutes les communications pourront être acceptées à condition toutefois qu'elles répondent à des critères de rigueur scientifique et qu'elles soient pertinentes eu égard aux axes d'études envisagés. Un premier « débriefing » aura ainsi lieu le 19 juin 2010 afin de faire le point sur les futures interventions et de décider de l'orientation générale des discussions de Tanger.
En marge du colloque seront organisés de nombreux évènements dont des consultations médicales, des distributions de lunettes, de jouets, de vêtements et de livres. Une grande soirée artistique aura lieu le vendredi 22 octobre dont l'intégralité des recettes sera reversée aux différentes associations et centres sociaux qui œuvrent dans le domaine de l'enfance dans la province de Tanger.

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mar
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Ali Bouabid lors d’une rencontre organisée par le Mouvement Nouvel Horizon

Posted by Montassir SAKHI Commentaires fermés
Le Mouvement Nouvel Horizon a organisé une rencontre-débat vendredi 26 mars courant, à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Souissi-Rabat sous le thème : «Transition démocratique, bilan et défis du Maroc possible ». Ils étaient environ 200 étudiants, jeunes et acteurs associatifs et politiques présents lors de cette rencontre. Celle-ci était animée par Ali Bouabid, membre du Bureau exécutif de l’USFP, Mohamed Darif, politologue, Abdessalam Chaouch, membre du secrétariat national du PADS, Ali Benddine, membre du PSU, Ahmed Aassid, professeur et militant du mouvement amazigh et Yacine Bazzaz, membre du bureau exécutif du Mouvement Nouvel Horizon.

Ali Bouabid : il y a une schizophrénie chez une grande partie des élites marocaines.
Le Mouvement Nouvel Horizon a organisé une rencontre-débat vendredi 26 mars courant, à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Souissi-Rabat sous le thème : «Transition démocratique, bilan et défis du Maroc possible ». Ils étaient environ 200 étudiants, jeunes et acteurs associatifs et politiques présents lors de cette rencontre. Celle-ci était animée par Ali Bouabid, membre du Bureau exécutif de l’USFP, Mohamed Darif, politologue, Abdessalam Chaouch, membre du secrétariat national du PADS, Ali Benddine, membre du PSU, Ahmed Aassid, professeur et militant du mouvement amazigh et Yacine Bazzaz, membre du bureau exécutif du Mouvement Nouvel Horizon.
En réponse aux analyses de quelques politiciens mêlant les approches académique et politique, Ali Bouabid a souligné qu’il y a aujourd’hui un véritable amalgame au niveau des analyses portant sur le champ politique marocain. Selon lui, des chercheurs font passer des messages et discours politiques alors que leurs recherches et analyses devraient garder une objectivité scientifique. Par contre, il a nié qu’un politicien puisse être objectif, «parce qu’il s’agit d’une appartenance idéologique qui ne peut être, par essence, neutre». En revenant sur le sujet de la transition démocratique, il a assuré : «Aujourd’hui, la transitologie est devenue une science indépendante, et que le rôle du politicien consiste à formuler une opinion claire au lieu de donner des significations à ce terme». Par la suite, Ali Bouabid a indiqué que la question de la démocratie au Maroc ne devrait pas être approchée seulement par le débat autour des institutions et de la constitution, mais aussi le débat autour des personnes. « Jusqu’à quel point les élites marocaines adoptent-elles les principes de la démocratie ? Non seulement dans les salons-débat et les amphithéâtres et sièges des partis politiques, mais aussi dans l’espace public et privé» avant d’ajouter qu’il y a, aujourd’hui, une schizophrénie flagrante chez une grande partie des élites marocaines. Il a cité des exemples de professeurs universitaires enseignant les droits humains et sciences juridiques, et qui, en même temps, violent la loi, brûlent les feux rouges…Par ailleurs, il a affirmé que la démocratie se construit par « la conscience populaire, la pratique et la volonté des personnes. « Les lois seules ne suffisent pas, d’ailleurs, elles sont souvent violées. Ce qu’il faut, c’est une véritable conscience chez les Marocains », souligne-t-il. Pour autant, il a rappelé qu’en 2001, il avait signalé qu’il doutait des capacités des élites marocaines à pouvoir rendre opérationnels les articles et contenus de la Constitution actuelle. Pourtant, il est, comme son parti, pour une réforme constitutionnelle démocratique donnant plus de pouvoir aux institutions élues. « L’adoption de l’esprit démocratique et de la Constitution démocratique obligera les élites à délaisser leurs statuts et positions acquis grâce/à cause de la rente dans la société », souligne-t-il. « Nos élites ne sont pas encore en mesure d’adopter la démocratie » conclut-il sur ce point.
Il a axé la deuxième partie de son intervention sur «La légitimité et l’avenir du projet de démocratie au Maroc ». Il a signalé que l’Etat porte une grande responsabilité dans la crise de la transition démocratique que connaît le pays, « chose qui me pousse à poser la question sur l’intérêt de la participation aux prochaines élections devant la bassesse de la politique et le sentiment du dégoût général ressenti vis-à-vis de la politique au Maroc ». Les élections et institutions élues, confirme-t-il, n’ont pas donné lieu à la démocratie au Maroc. Ainsi, la transition démocratique n’a pas eu lieu au Maroc. «Il s’agit d’une transition de règne et d’une transition politique assurée grâce à l’USFP». Par ailleurs, il a constaté que cette transition est importante du fait qu’elle a donné lieu à une ouverture politique en comparaison avec les années 60, 70 et 80. Il a indiqué, en outre, que ces acquis sont bien loin de satisfaire les attentes et revendications des populations qui restent, tout de même importantes » dit-il. Il a observé enfin qu’il y a une régression, mais il existe des marges qui doivent être exploitées.

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mar
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Women’s Tribune à d’Essaouira

Posted by Sofia Aliamet Commentaires fermés
Women’s Tribune à d’Essaouira
Dimanche dernier, l’heure était à la politique lors du Women’s Tribune d’Essaouira. La ville des Alizés a, en effet, débattu toute la matinée sur un sujet majeur et non moins complexe intitulé «La politique est-elle une affaire d’hommes ?». A la tribune, c’est Ségolène Royal, ancienne candidate à l’élection présidentielle française et présidente socialiste de la région Poitou-Charentes qui ouvre la discussion. Très applaudie par la salle, cette dernière a rappelé les nombreuses critiques qui s’étaient élevées contre sa candidature à l’élection présidentielle et qui, selon elle, la visaient non pas en tant que personnage politique mais en tant que femme. Opinion contestée quelques instants plus tard par Patrick Poivre d’Arvor qui explique, quant à lui, que « de nombreuses femmes sont présentes sur la scène politique française à l’instar de Martine Aubry, la dirigeante du PS» et qu’« elles ont désormais une place de choix dans le domaine de la politique française … ».
Autre débat majeur dans l’étude de la dialectique du pouvoir, celui intitulé « Les Etats ont-ils établi une distinction des genres ? ». Initialement Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la ville en France, était attendue. Ce sera finalement Nouzha Skalli qui prendra sa place, accompagnée de Patrick Poivre d’Arvor, journaliste français, et Wassyla Tamzali, avocate en Algérie et militante fervente des droits de la femme. « Mon discours ne sera pas politiquement correct », affirme-t-elle d’emblée. Vérité confirmée quelques minutes plus tard lorsque celle-ci parle de son « anxiété devant l’histoire » et surtout face à la progression du phénomène religieux dans l’espace public maghrébin. Une fausse tradition, selon elle, vérifiée par le geste fort de Feu Mohammed V qui avait permis à sa fille de sortir dévoilée.
Conclusion de Wassyla Tamzali : « Les femmes ont bel et bien progressé en genres, car elles sont désormais politiciennes, policières, avocates… Mais d’un point de vue de la morale, rien ne change et sur le plan sexuel, nous sommes loin d’être libérées ». Paroles d’une femme qui se définit elle-même « Maghrébine, athée et libre penseuse ». De quoi déranger plus d’une à l’instar d’une participante qui souffle : « Elle ne peut pas toucher à la religion ! » Sans langue de bois, nous avait-on promis….
Plus tard dans la journée, une autre femme de poigne, insufflera un nouveau souffle au débat, la députée usfpéiste Saloua Kakri. « Le parcours en politique est quelque chose de très difficile, il faut d’abord faire face à la corruption qui sévit partout», explique-t-elle, en ajoutant qu’elle « n’a pas honte d’être une femme issue des quotas ». Selon elle, la vitesse de pénétration des lois marocaines est beaucoup plus longue, ce qui rend les quotas quasiment obligatoires pour avoir une véritable représentation des femmes dans la vie politique. Puisque le Women’s Tribune ambitionne d’être une plate-forme décisionnelle, Saloua Kakri affiche la couleur, en proposant à la fois d’instaurer l’équité complète au Parlement et de créer une commission parlementaire en charge de suivre les avancées en faveur du droit des femmes. « Aujourd’hui, notre devoir est surtout de faire une politique juste », conclut-elle sous les applaudissements chaleureux du public.
« La difficulté de passer du discours à l’action se vérifie tous les jours. Il suffit de lire des manuels scolaires pour comprendre que l’image de la femme qui y est véhiculée est loin de celle que l’on promeut partout », a déclaré Ali Bouabid, président de la Fondation Abderrahim Bouabid et membre du Bureau politique de l’USFP.
Finalement, tout le débat ne se résume-t-il pas dans cette simple phrase ? A quoi bon parler des femmes, de leur émancipation, de leurs combats, de leur rôle grandissant dans l’espace public, si le même mouvement ne touche pas toutes les strates de la population ? L’école n’est-elle pas le vecteur majeur des changements de demain ? Comment passer dès lors du discours à l’action ?
Quand évoquera-t-on les sujets « tabous » tels que l’héritage ou le droit à l’avortement ?
Autant de questions qui semblent vagabonder en permanence dans l’esprit des participants au Women’s tribune et qui sont parfois soulevées çà et là, sans que réponse sincère y soit encore apportée…..

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